{"id":175647,"date":"2018-07-01T00:00:00","date_gmt":"2018-06-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/hwpd.bcfi-cbip.be\/depression-chez-ladulte-une-recommandation-de-bonne-pratique-medicale-et-une-meta-analyse\/"},"modified":"2026-04-13T11:32:12","modified_gmt":"2026-04-13T09:32:12","slug":"depression-chez-ladulte-une-recommandation-de-bonne-pratique-medicale-et-une-meta-analyse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.bcfi-cbip.be\/fr\/depression-chez-ladulte-une-recommandation-de-bonne-pratique-medicale-et-une-meta-analyse\/","title":{"rendered":"D\u00e9pression chez l\u2019adulte: une recommandation de bonne pratique m\u00e9dicale et une m\u00e9ta-analyse"},"content":{"rendered":"<div class='summary'>Le pr&eacute;sent article des Folia est consacr&eacute; &agrave; la prise en charge de la d&eacute;pression chez l&rsquo;adulte. En premier lieu est abord&eacute;e la <a href='http:\/\/www.ssmg.be\/images\/ssmg\/files\/Recommandations_de_bonne_pratique\/RBP_Depression_SSMG.pdf'>recommandation de bonne pratique<\/a> m&eacute;dicale &quot;La d&eacute;pression chez l&rsquo;adulte&quot;&nbsp;(2017&#x002C; Domus Medica&#x002C; traduit par la SSMG)<span class='folia-referentie-note'>1&#x002C;2<\/span>&nbsp;: cette directive recommande d&rsquo;&eacute;viter l&rsquo;administration syst&eacute;matique d&rsquo;antid&eacute;presseurs dans la &quot;d&eacute;pression l&eacute;g&egrave;re &agrave; mod&eacute;r&eacute;e&quot;&nbsp;; en cas de d&eacute;pression s&eacute;v&egrave;re&#x002C; il est recommand&eacute; d&rsquo;administrer un antid&eacute;presseur&#x002C; en accordant toujours une place importante au soutien psychologique. Dans un deuxi&egrave;me temps&#x002C; l&rsquo;article discute de la <a href='#Een_meta_analyse'>m&eacute;ta-analyse<\/a> parue dans <i>The Lancet<\/i>: on y conclut que&#x002C; dans les &eacute;tudes randomis&eacute;es sur la d&eacute;pression majeure s&eacute;v&egrave;re chez l&rsquo;adulte&#x002C; les antid&eacute;presseurs s&rsquo;av&egrave;rent sup&eacute;rieurs au placebo<span class='folia-referentie-note'><span class='folia-referentie-nummer'>3&#x002C;4<\/span><\/span>.<\/div>\n<h2><b>Une recommandation de bonne pratique m&eacute;dicale<\/b><span class='folia-referentie-note'>1<\/span><\/h2>\n<h3><b>R&eacute;sum&eacute;<\/b><\/h3>\n<div class='summary'>Cette recommandation de bonne pratique m&eacute;dicale sur la d&eacute;pression chez l&rsquo;adulte a &eacute;t&eacute; r&eacute;dig&eacute;e en 2017 par Domus Medica et traduite par la SSMG. Les messages-cl&eacute;s concernant le traitement sont abord&eacute;s ci-dessous. En cas de <i>d&eacute;pression l&eacute;g&egrave;re (&agrave; mod&eacute;r&eacute;e)<\/i>&#x002C; il est recommand&eacute; de ne pas prescrire syst&eacute;matiquement des antid&eacute;presseurs et d&rsquo;opter autant que possible pour des mesures g&eacute;n&eacute;rales non m&eacute;dicamenteuses et un soutien psychologique. En cas de <i>d&eacute;pression mod&eacute;r&eacute;e &agrave; s&eacute;v&egrave;re<\/i>&#x002C; il est recommand&eacute; d&rsquo;instaurer un traitement par un antid&eacute;presseur&#x002C; associ&eacute; &agrave; une psychoth&eacute;rapie. Dans ce cas&#x002C; le choix se fera en premi&egrave;re ligne entre un inhibiteur s&eacute;lectif de la recapture de s&eacute;rotonine (ISRS) et un antid&eacute;presseur tricyclique (ATC)&#x002C; en fonction des effets ind&eacute;sirables&#x002C; des comorbidit&eacute;s&#x002C; du risque suicidaire et des interactions m&eacute;dicamenteuses potentielles. En cas de surdosage&#x002C; les ATC peuvent s&rsquo;av&eacute;rer&#x002C; plus que les autres antid&eacute;presseurs&#x002C; potentiellement fatals&#x002C; et ils sont contre-indiqu&eacute;s lorsque le risque suicidaire est important. En cas de bonne r&eacute;ponse&#x002C; il est recommand&eacute; de poursuivre le traitement antid&eacute;presseur pendant au moins 6 mois afin d&rsquo;&eacute;viter les r&eacute;cidives. Chez les personnes &acirc;g&eacute;es&#x002C; une (l&eacute;g&egrave;re) pr&eacute;f&eacute;rence est accord&eacute;e &agrave; un ISRS&#x002C; et l&rsquo;on recommande de d&eacute;buter le traitement par une faible dose. En pr&eacute;sence d&rsquo;une d&eacute;pression accompagn&eacute;e d&rsquo;anxi&eacute;t&eacute; ou d&rsquo;agitation&#x002C; il peut &ecirc;tre utile&#x002C; dans certains cas exceptionnels&#x002C; d&rsquo;associer une benzodiaz&eacute;pine sur une courte p&eacute;riode. Les antipsychotiques n&rsquo;ont pas de place dans la prise en charge de la d&eacute;pression en premi&egrave;re ligne.<\/div>\n<p>Une recommandation de bonne pratique m&eacute;dicale sur la d&eacute;pression chez l&rsquo;adulte a &eacute;t&eacute; r&eacute;dig&eacute;e en 2017 par Domus Medica et <a href='http:\/\/www.ssmg.be\/images\/ssmg\/files\/Recommandations_de_bonne_pratique\/RBP_Depression_SSMG.pdf'>traduite par la SSMG<\/a>. La recommandation commence par expliquer comment parvenir au diagnostic de d&eacute;pression.<\/p>\n<div class='detailed-content'>Le terme &ldquo;d&eacute;pression&rdquo; renvoie dans cette directive &agrave; un large &eacute;ventail de troubles de l&rsquo;humeur &agrave; caract&egrave;re d&eacute;pressif avec lesquels les patients se pr&eacute;sentent chez le m&eacute;decin g&eacute;n&eacute;raliste. Une distinction y est faite entre les &quot;sympt&ocirc;mes d&eacute;pressifs&quot;&#x002C; la &quot;d&eacute;pression l&eacute;g&egrave;re (&agrave; mod&eacute;r&eacute;e)&quot;&nbsp;et la &quot;d&eacute;pression mod&eacute;r&eacute;e &agrave; s&eacute;v&egrave;re&quot;. La s&eacute;v&eacute;rit&eacute; de la d&eacute;pression est &eacute;valu&eacute;e en fonction du nombre et de la s&eacute;v&eacute;rit&eacute; des sympt&ocirc;mes et de leur impact sur les activit&eacute;s quotidiennes. Cette estimation &eacute;tant en partie subjective&#x002C; il est souvent difficile en pratique de faire une distinction claire entre ces diff&eacute;rents niveaux de s&eacute;v&eacute;rit&eacute;. Bien que cette directive propose un sch&eacute;ma pragmatique des diff&eacute;rentes &eacute;tapes pour parvenir au diagnostic&#x002C; on peut admettre que les notions de d&eacute;pression &quot;l&eacute;g&egrave;re&quot;&#x002C; &quot;mod&eacute;r&eacute;e&quot;&nbsp;et &quot;s&eacute;v&egrave;re&quot;&nbsp;sont assez conformes aux diff&eacute;rentes formes de s&eacute;v&eacute;rit&eacute; de la d&eacute;pression majeure selon les crit&egrave;res de la DSM-5.<\/div>\n<p>Outre l&rsquo;explication pour parvenir au diagnostic de d&eacute;pression&#x002C; la recommandation aborde &eacute;galement un certain nombre de th&egrave;mes cliniques&#x002C; entre autres comment &eacute;valuer le risque suicidaire&#x002C; dans quels cas il est indiqu&eacute; de r&eacute;orienter le patient&#x002C; et comment traiter la d&eacute;pression&#x002C; en s&rsquo;int&eacute;ressant &eacute;galement au suivi du patient&#x002C; &agrave; la collaboration avec les aidants proches et le personnel soignant de deuxi&egrave;me ou troisi&egrave;me ligne&#x002C; et &agrave; la d&eacute;pression chez les personnes &acirc;g&eacute;es. Nous abordons ici les messages cl&eacute;s concernant le traitement m&eacute;dicamenteux.<\/p>\n<h3><b>D&eacute;pression l&eacute;g&egrave;re (&agrave; mod&eacute;r&eacute;e)<\/b><\/h3>\n<p>La prise en charge de la d&eacute;pression l&eacute;g&egrave;re (&agrave; mod&eacute;r&eacute;e) repose essentiellement sur des mesures g&eacute;n&eacute;rales non m&eacute;dicamenteuses. Un traitement par un antid&eacute;presseur n&rsquo;est pas recommand&eacute;&#x002C; certainement pas de fa&ccedil;on syst&eacute;matique&#x002C; et ce parce que les antid&eacute;presseurs ne se sont pas av&eacute;r&eacute;s plus actifs que le placebo dans la d&eacute;pression l&eacute;g&egrave;re. Les antid&eacute;presseurs ne seront envisag&eacute;s qu&rsquo;en cas de persistance des sympt&ocirc;mes pendant plus de deux ans ou en cas d&rsquo;&eacute;chec des mesures non m&eacute;dicamenteuses. Une prise en charge psychologique (peu intensive) peut toutefois &ecirc;tre envisag&eacute;e.<\/p>\n<div class='detailed-content'>\n<ul>\n<li>Cette recommandation repose notamment sur les guidelines de NICE (<a href='https:\/\/www.nice.org.uk\/guidance\/cg90'><i>National Institute for Health and care Excellence<\/i><\/a>) et du NHG (<a href='https:\/\/www.nhg.org\/standaarden\/volledig\/nhg-standaard-depressie-tweede-herziening'><i>Nederlands Huisartsen Genootschap<\/i><\/a>) qui affirment que les antid&eacute;presseurs ont peu ou pas d&rsquo;effet chez les patients pr&eacute;sentant des sympt&ocirc;mes peu s&eacute;v&egrave;res et qu&rsquo;ils sont associ&eacute;s &agrave; des effets ind&eacute;sirables.<\/li>\n<li>Les mesures g&eacute;n&eacute;rales non m&eacute;dicamenteuses&nbsp;sont: apporter un soutien au patient aussi bien qu&rsquo;&agrave; sa famille et aux personnes concern&eacute;es (p.ex. en les informant)&#x002C; &ecirc;tre attentif &agrave; l&rsquo;hygi&egrave;ne du sommeil&#x002C; suivre activement le rythme journalier du patient et discuter avec lui comment structurer et planifier ses activit&eacute;s.<\/li>\n<\/ul><\/div>\n<h3><b>D&eacute;pression mod&eacute;r&eacute;e &agrave; s&eacute;v&egrave;re<\/b><\/h3>\n<p>Chez les patients pr&eacute;sentant une d&eacute;pression mod&eacute;r&eacute;e &agrave; s&eacute;v&egrave;re&#x002C; et particuli&egrave;rement en cas de d&eacute;pression s&eacute;v&egrave;re&#x002C; il est recommand&eacute; d&rsquo;associer aux mesures g&eacute;n&eacute;rales non m&eacute;dicamenteuses un traitement par un antid&eacute;presseur et une psychoth&eacute;rapie (une th&eacute;rapie comportementale cognitive &eacute;tant le premier choix). L&rsquo;utilisation des antid&eacute;presseurs s&rsquo;accompagne d&rsquo;un effet placebo important&#x002C; mais dans les d&eacute;pressions s&eacute;v&egrave;res&#x002C; la diff&eacute;rence entre l&rsquo;effet li&eacute; &agrave; l&rsquo;antid&eacute;presseur et l&rsquo;effet placebo est claire.<\/p>\n<div class='detailed-content'>\n<ul>\n<li>La recommandation d&rsquo;associer&#x002C; en cas d&eacute;pression mod&eacute;r&eacute;e &agrave; s&eacute;v&egrave;re&#x002C; un traitement m&eacute;dicamenteux &agrave; une psychoth&eacute;rapie&#x002C; repose notamment sur les avis de <a href='https:\/\/www.nice.org.uk\/guidance\/cg90'>NICE<\/a> et du <a href='https:\/\/kce.fgov.be\/fr\/d%C3%A9pression-majeure-de-l%E2%80%99adulte-efficacit%C3%A9-%C3%A0-long-terme-de-la-psychoth%C3%A9rapie-seule-ou-en-combinaison'>KCE<\/a> qui concluent que l&rsquo;effet obtenu est plus important avec l&rsquo;association d&rsquo;un traitement m&eacute;dicamenteux et d&rsquo;une psychoth&eacute;rapie. Par contre&#x002C; chez les personnes souffrant de d&eacute;pression s&rsquo;accompagnant de dysfonctionnements sociaux s&eacute;v&egrave;res&#x002C; le <a href='https:\/\/www.nhg.org\/standaarden\/volledig\/nhg-standaard-depressie-tweede-herziening'>NHG-Standaard<\/a> conseille de commencer le traitement par un antid&eacute;presseur ou par une psychoth&eacute;rapie et de ne passer &agrave; la combinaison de ces deux traitements qu&rsquo;en cas d&rsquo;&eacute;chec.<\/li>\n<li>Les mesures g&eacute;n&eacute;rales non m&eacute;dicamenteuses&nbsp;sont: apporter un soutien au patient aussi bien qu&rsquo;&agrave; sa famille et aux personnes concern&eacute;es (p.ex. en les informant)&#x002C; &ecirc;tre attentif &agrave; l&rsquo;hygi&egrave;ne du sommeil&#x002C; suivre activement le rythme journalier du patient et discuter avec lui comment structurer et planifier ses activit&eacute;s.<\/li>\n<li>En ce qui concerne la psychoth&eacute;rapie&#x002C; la th&eacute;rapie comportementale cognitive est recommand&eacute;e comme premier choix&#x002C; mais d&rsquo;autres options sont la th&eacute;rapie de couple&#x002C; la th&eacute;rapie de r&eacute;solution des probl&egrave;mes (p<i>roblem solving therapy<\/i>) et la th&eacute;rapie psychodynamique de courte dur&eacute;e.<\/li>\n<\/ul><\/div>\n<h3><b>Choix du traitement m&eacute;dicamenteux<\/b><\/h3>\n<p><b><i>Antid&eacute;presseurs<\/i><\/b><\/p>\n<ul>\n<li>\n<p>En termes d&rsquo;efficacit&eacute;&#x002C; aucune diff&eacute;rence claire n&rsquo;a pu &ecirc;tre mise en &eacute;vidence entre les diff&eacute;rents types d&rsquo;antid&eacute;presseurs. Lorsqu&rsquo;un antid&eacute;presseur est indiqu&eacute;&#x002C; le choix se fera en premi&egrave;re ligne entre un inhibiteur s&eacute;lectif de la recapture de la s&eacute;rotonine (ISRS) et un antid&eacute;presseur tricyclique (ATC)&#x002C; en fonction des effets ind&eacute;sirables potentiels&#x002C; des &eacute;ventuelles comorbidit&eacute;s et interactions m&eacute;dicamenteuses&#x002C; et des ant&eacute;c&eacute;dents du patient. Concernant les personnes &acirc;g&eacute;es&#x002C; <a href='#pers_agees'>voir plus loin<\/a>.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p><i>ISRS<\/i>: en termes d&rsquo;efficacit&eacute;&#x002C; il n&rsquo;y a pas suffisamment de preuves pour privil&eacute;gier&#x002C; en premi&egrave;re ligne&#x002C; un ISRS par rapport &agrave; un autre. Avec les ISRS&#x002C; la dose initiale est en principe la m&ecirc;me que la dose d&rsquo;entretien habituelle&#x002C; mais en d&eacute;butant &agrave; dose plus faible&#x002C; on limite les effets ind&eacute;sirables. [N.d.l.r.: en cas de r&eacute;ponse insuffisante&#x002C; la dose d&rsquo;entretien peut &ecirc;tre augment&eacute;e&#x002C; souvent en concertation avec le m&eacute;decin de deuxi&egrave;me ligne.]. Les principaux effets ind&eacute;sirables des ISRS consistent en des troubles gastro-intestinaux&#x002C; neurologiques etpsychiques (insomnie&#x002C; anxi&eacute;t&eacute;&#x002C; agitation&#x002C; troubles du comportement&#x002C; tremblements)&#x002C; une hyponatr&eacute;mie (surtout en cas d&rsquo;association avec des diur&eacute;tiques)&#x002C; des saignements (principalement gastro-intestinaux et en cas d&rsquo;association avec des antithrombotiques&#x002C; des AINS ou de l&rsquo;acide ac&eacute;tylsalicylique)&#x002C; des troubles sexuels et un syndrome s&eacute;rotoninergique (qui survient presque exclusivement si l&rsquo;ISRS est associ&eacute; &agrave; un autre m&eacute;dicament s&eacute;rotoninergique). La parox&eacute;tine a des effets anticholinergiques&#x002C; le (es)citalopram peut provoquer un allongement de l&rsquo;intervalle QT.<br \/> Pour les effets ind&eacute;sirables des ISRS&#x002C; nous renvoyons au R&eacute;pertoire Comment&eacute; des M&eacute;dicaments: <a href='http:\/\/www.cbip.be\/fr\/chapters\/11?frag=7997'>voir chapitre 10.3.<\/a> (effets ind&eacute;sirables communs &agrave; tous les antid&eacute;presseurs) et <a href='http:\/\/www.cbip.be\/fr\/chapters\/11?frag=8151'>chapitre 10.3.1.1.<\/a> (effets ind&eacute;sirables sp&eacute;cifiques aux ISRS).<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p><i>ATC<\/i>: en termes d&rsquo;efficacit&eacute;&#x002C; il n&rsquo;y a pas de preuves pour privil&eacute;gier&#x002C; en premi&egrave;re ligne&#x002C; un ATC par rapport &agrave; un autre. Un traitement avec un ATC doit &ecirc;tre instaur&eacute; progressivement&#x002C; et la dose doit &ecirc;tre augment&eacute;e jusqu&rsquo;&agrave; atteindre la dose d&rsquo;entretien. La dose d&rsquo;entretien des ATC est plus faible dans la pratique ambulatoire que chez les patients hospitalis&eacute;s. Les principaux effets ind&eacute;sirables des ATC consistent en une prise de poids&#x002C; des effets anticholinergiques&#x002C; des effets cardio-vasculaires (hypotension&#x002C; tachycardie&#x002C; arythmies: prudence chez les personnes &acirc;g&eacute;es&nbsp;!) et des troubles sexuels. L&rsquo;amitriptyline est s&eacute;dative&#x002C; alors que la nortriptyline est plut&ocirc;t stimulante. En cas de surdosage&#x002C; les ATC&#x002C; plus que les ISRS et la plupart des autres antid&eacute;presseurs&#x002C; provoquent certains probl&egrave;mes&#x002C; parfois accompagn&eacute;s d&rsquo;arythmies fatales: les ATC sont donc contre-indiqu&eacute;s en premi&egrave;re ligne en pr&eacute;sence d&rsquo;un risque suicidaire important. Pour les effets ind&eacute;sirables des ATC&#x002C; nous renvoyons au R&eacute;pertoire Comment&eacute; des M&eacute;dicaments: <a href='http:\/\/www.cbip.be\/fr\/chapters\/11?frag=7997'>voir chapitre 10.3.<\/a> (effets ind&eacute;sirables communs &agrave; tous les antid&eacute;presseurs) et <a href='http:\/\/www.cbip.be\/fr\/chapters\/11?frag=8003'>chapitre 10.3.2.1.<\/a> (effets ind&eacute;sirables sp&eacute;cifiques aux ATC).<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p><i>Antid&eacute;presseurs appartenant &agrave; d&rsquo;autres classes que les ISRS et les ATC<\/i> (tels que les IMAO): selon la directive&#x002C; ce ne sont pas des m&eacute;dicaments de premier choix pour la prise en charge de la d&eacute;pression en premi&egrave;re ligne&nbsp;; ils ne pr&eacute;sentent pas de b&eacute;n&eacute;fice par rapport aux ISRS ou aux ATC&#x002C; ou pr&eacute;sentent davantage d&rsquo;effets ind&eacute;sirables.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>Une r&eacute;ponse au traitement antid&eacute;presseur est g&eacute;n&eacute;ralement observ&eacute;e 2 &agrave; 6&nbsp;semaines apr&egrave;s l&rsquo;instauration du traitement.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>Pour pr&eacute;venir les r&eacute;cidives&#x002C; il est recommand&eacute;&#x002C; en cas de bonne r&eacute;ponse au traitement&#x002C; de poursuivre le traitement m&eacute;dicamenteux pendant au moins 6&nbsp;mois&#x002C; et pendant au moins deux ans chez les patients pr&eacute;sentant un risque &eacute;lev&eacute; de r&eacute;cidives.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>Vu le risque de sympt&ocirc;mes de sevrage (troubles du sommeil&#x002C; agitation&#x002C; anxi&eacute;t&eacute;&#x002C; &hellip;)&#x002C; il est pr&eacute;f&eacute;rable d&rsquo;arr&ecirc;ter progressivement les antid&eacute;presseurs sur une p&eacute;riode d&rsquo;au moins 4 semaines. Le risque de sympt&ocirc;mes de sevrage est d&rsquo;autant plus &eacute;lev&eacute; que la dur&eacute;e de traitement est longue. Il n&rsquo;est pas clair si ce risque est plus &eacute;lev&eacute; avec les substances &agrave; demi-vie courte (p.ex. la parox&eacute;tine). En cas de sympt&ocirc;mes de sevrage s&eacute;v&egrave;res&#x002C; il peut s&rsquo;av&eacute;rer n&eacute;cessaire de reprendre le traitement antid&eacute;presseur ou d&rsquo;augmenter &agrave; nouveau la dose.<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p><b><i>Benzodiaz&eacute;pines<\/i><\/b><\/p>\n<p>En cas de d&eacute;pression accompagn&eacute;e d&rsquo;anxi&eacute;t&eacute; ou d&rsquo;agitation&#x002C; il peut &ecirc;tre utile dans des cas exceptionnels&#x002C; d&rsquo;associer bri&egrave;vement une benzodiaz&eacute;pine au d&eacute;but du traitement antid&eacute;presseur. Lorsqu&rsquo;une benzodiaz&eacute;pine a &eacute;t&eacute; administr&eacute;e pendant plus de deux semaines&#x002C; il convient de l&rsquo;arr&ecirc;ter progressivement vu le risque de sevrage en cas d&rsquo;arr&ecirc;t brutal. [<a href='http:\/\/www.cbip.be\/fr\/chapters\/11?frag=7476'>Voir aussi 10.1.1. dans le R&eacute;pertoire<\/a>].<\/p>\n<p><b><i>Antipsychotiques<\/i><\/b><\/p>\n<p>Les antipsychotiques n&rsquo;ont pas de place dans la prise en charge de la d&eacute;pression en premi&egrave;re ligne. L&rsquo;association d&rsquo;un antipsychotique avec un antid&eacute;presseur n&rsquo;a qu&rsquo;un effet positif limit&eacute; et expose &agrave; un risque important d&rsquo;effets ind&eacute;sirables. [<a href='http:\/\/www.cbip.be\/fr\/chapters\/11?frag=7450'>Voir aussi 10.2. dans le R&eacute;pertoire<\/a>].<\/p>\n<h3><b>D&eacute;pression chez la personne &acirc;g&eacute;e<\/b><\/h3>\n<p>Vu le risque &eacute;lev&eacute; d&rsquo;effets ind&eacute;sirables cardiaques et anticholinergiques associ&eacute; aux ATC chez la personne &acirc;g&eacute;e&#x002C; un ISRS sera privil&eacute;gi&eacute;&#x002C; sauf chez les patients atteints de la maladie de Parkinson ou pr&eacute;sentant un risque &eacute;lev&eacute; d&rsquo;h&eacute;morragie gastro-intestinale&#x002C; chez lesquels on privil&eacute;giera un ATC&#x002C; de pr&eacute;f&eacute;rence la nortriptyline&#x002C; dont les effets ind&eacute;sirables anticholinergiques et le risque d&rsquo;hypotension orthostatique sont moins importants que l&rsquo;amitriptyline. Chez les patients &acirc;g&eacute;s pr&eacute;sentant une comorbidit&eacute; s&eacute;v&egrave;re ou &acirc;g&eacute;s de plus de 80 ans&#x002C; il est recommand&eacute; de d&eacute;buter le traitement &agrave; dose r&eacute;duite (moiti&eacute; de la dose habituelle). Le d&eacute;lai n&eacute;cessaire pour observer une r&eacute;ponse peut aller jusqu&rsquo;&agrave; 12&nbsp;semaines.<\/p>\n<h2><a id='meta' name='meta'><\/a>Une&nbsp;m&eacute;ta-analyse<\/h2>\n<h3><b>R&eacute;sum&eacute;<\/b><\/h3>\n<div class='summary'>Une m&eacute;ta-analyse en r&eacute;seau r&eacute;cente (<i>The Lancet<\/i>) a &eacute;tudi&eacute; l&rsquo;efficacit&eacute; et l&rsquo;acceptabilit&eacute; (&eacute;valu&eacute;e en fonction du taux d&rsquo;abandon) de 21&nbsp;antid&eacute;presseurs dans le traitement de la d&eacute;pression majeure chez l&rsquo;adulte (<i>major depressive disorder<\/i>&#x002C; dont le diagnostic s&rsquo;appuie sur des crit&egrave;res diagnostiques standard). Il s&rsquo;agissait de 2 ATC et 19 antid&eacute;presseurs appartenant aux autres classes. La m&eacute;ta-analyse confirme que dans les &eacute;tudes randomis&eacute;es men&eacute;es aupr&egrave;s de patients atteints d&rsquo;une d&eacute;pression majeure s&eacute;v&egrave;re&#x002C; les antid&eacute;presseurs sont plus efficaces que le placebo&#x002C; et elle r&eacute;v&egrave;le des diff&eacute;rences d&rsquo;efficacit&eacute; et d&rsquo;acceptabilit&eacute; d&rsquo;un antid&eacute;presseur &agrave; l&rsquo;autre. Comme dans des analyses pr&eacute;c&eacute;dentes&#x002C; on remarquera un certain nombre de probl&egrave;mes et de limites: d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute;&#x002C; la qualit&eacute; et le niveau de preuve tout au plus moyens des &eacute;tudes&#x002C; d&rsquo;un autre c&ocirc;t&eacute;&#x002C; les r&eacute;sultats peu extrapolables en raison de la conception des &eacute;tudes (incluant principalement des patients atteints d&rsquo;une d&eacute;pression majeure s&eacute;v&egrave;re&#x002C; &eacute;tudes de courte dur&eacute;e&#x002C; &hellip;). Les &eacute;tudes randomis&eacute;es disponibles et leurs m&eacute;ta-analyses laissent de nombreuses questions sans r&eacute;ponse en ce qui concerne la meilleure prise en charge d&rsquo;un patient dans la pratique quotidienne.<\/div>\n<p>Le 21 f&eacute;vrier 2018&#x002C; <i>The Lancet<\/i> a publi&eacute; en ligne les r&eacute;sultats d&rsquo;une m&eacute;ta-analyse en r&eacute;seau sur l&rsquo;efficacit&eacute; et l&rsquo;acceptabilit&eacute; (&eacute;valu&eacute;e en fonction du taux d&rsquo;abandon) de 21&nbsp;antid&eacute;presseurs (2 ATC et 19 antid&eacute;presseurs appartenant aux autres classes) dans le traitement de la d&eacute;pression majeure chez l&rsquo;adulte.<span class='folia-referentie-note'>3&#x002C;4<\/span><\/p>\n<div class='detailed-content'>\n<ul>\n<li>Une m&eacute;ta-analyse en r&eacute;seau utilise principalement une m&eacute;thode de comparaison indirecte. En l&rsquo;absence d&rsquo;&eacute;tudes comparatives directes entre les diff&eacute;rents antid&eacute;presseurs&#x002C; ces m&eacute;dicaments sont compar&eacute;s indirectement les uns aux autres &agrave; partir d&rsquo;&eacute;tudes ayant chacune &eacute;valu&eacute; un antid&eacute;presseur en particulier par rapport &agrave; un placebo.<\/li>\n<li>Dans les &eacute;tudes incluses&#x002C; le diagnostic de &quot;d&eacute;pression majeure&quot;&nbsp;(<i>major depressive disorder<\/i>) a &eacute;t&eacute; pos&eacute; sur base des crit&egrave;res diagnostiques standard (notamment le DSM-IV&#x002C; DSM-5). La plupart des patients pr&eacute;sentaient une d&eacute;pression majeure &ldquo;mod&eacute;r&eacute;e &agrave; s&eacute;v&egrave;re&rdquo;&#x002C; le score de base moyen &eacute;tant de 25&#x002C;7 sur l&rsquo;&eacute;chelle de d&eacute;pression de Hamilton (17 items) [n.d.l.r.: un score de 0 &agrave; 7 est consid&eacute;r&eacute; comme &quot;non d&eacute;pressif&quot;&nbsp;&#x002C; un score de 19 &agrave; 22 est consid&eacute;r&eacute; comme d&eacute;pression &quot;s&eacute;v&egrave;re&quot;&#x002C; un score de &ge; 23 comme d&eacute;pression &quot;tr&egrave;s s&eacute;v&egrave;re&quot;]. La dur&eacute;e m&eacute;diane de traitement &eacute;tait de 8&nbsp;semaines.<\/li>\n<li>Les investigateurs ont recherch&eacute; toutes les &eacute;tudes (publi&eacute;es et non publi&eacute;es) randomis&eacute;es&#x002C; r&eacute;alis&eacute;es en double aveugle et contr&ocirc;l&eacute;es (par placebo ou par un autre antid&eacute;presseur.<\/li>\n<li>Les crit&egrave;res d&rsquo;&eacute;valuation primaires &eacute;taient l&rsquo;efficacit&eacute; (d&eacute;finie par le taux de r&eacute;ponse&#x002C; c.-&agrave;-d. le nombre total de patients dont le score symptomatique avait diminu&eacute; d&rsquo;au moins 50% sur une &eacute;chelle de d&eacute;pression standardis&eacute;e) et l&rsquo;acceptabilit&eacute; (d&eacute;finie par le taux d&rsquo;abandon&#x002C; c.-&agrave;-d. le nombre de patients ayant arr&ecirc;t&eacute; le traitement pour n&rsquo;importe quelle raison).<\/li>\n<\/ul><\/div>\n<p>&ndash; La qualit&eacute; des preuves obtenues &agrave; partir des r&eacute;sultats variait d&rsquo;un antid&eacute;presseur &agrave; l&rsquo;autre&#x002C; de &quot;tr&egrave;s faible&quot;&nbsp;&agrave; &quot;moyenne&quot;&nbsp;(syst&egrave;me GRADE). Le risque de biais a &eacute;t&eacute; &eacute;valu&eacute; comme &eacute;tant &quot;mod&eacute;r&eacute; &agrave; &eacute;lev&eacute;&quot;&nbsp;pour 82% des &eacute;tudes.<br \/> &ndash; Il ressort de l&rsquo;analyse des &eacute;tudes contr&ocirc;l&eacute;es par placebo que l&rsquo;efficacit&eacute; (nombre de patients dont le score avait diminu&eacute; d&rsquo;au moins 50% sur une &eacute;chelle de d&eacute;pression) de tous les antid&eacute;presseurs &eacute;tait sup&eacute;rieure &agrave; celle du placebo; les auteurs consid&eacute;raient g&eacute;n&eacute;ralement l&rsquo;ampleur de l&rsquo;effet comme &eacute;tant &quot;modeste&quot;. Le taux d&rsquo;abandon pour quelque raison que ce soit&#x002C; observ&eacute; avec les nombreux antid&eacute;presseurs&#x002C; ne diff&eacute;rait pas par rapport au placebo; lorsque l&rsquo;on consid&egrave;re uniquement le taux d&rsquo;abandon en raison d&rsquo;effets ind&eacute;sirables&#x002C; tous les antid&eacute;presseurs donnaient de moins bons r&eacute;sultats que le placebo.<br \/> &ndash; Il ressort de l&rsquo;analyse des &eacute;tudes comparatives directes que l&rsquo;efficacit&eacute; et l&rsquo;acceptabilit&eacute; de certains antid&eacute;presseurs (tels que l&rsquo;escitalopram&#x002C; la mirtazapine&#x002C; la parox&eacute;tine&#x002C; l&rsquo;agom&eacute;latine et la sertraline) &eacute;taient relativement plus grandes par rapport aux autres antid&eacute;presseurs. En revanche&#x002C; l&rsquo;efficacit&eacute; et l&rsquo;acceptabilit&eacute; de la r&eacute;box&eacute;tine&#x002C; de la trazodone et de la fluvoxamine &eacute;taient relativement plus faibles par rapport aux autres antid&eacute;presseurs. Les auteurs de la m&eacute;ta-analyse ont toutefois observ&eacute; peu de diff&eacute;rences entre les diff&eacute;rents antid&eacute;presseurs&#x002C; probablement parce que les intervalles de confiance des param&egrave;tres d&rsquo;efficacit&eacute; &eacute;taient tr&egrave;s larges.<\/p>\n<h3><b>Quelques commentaires<\/b><span class='folia-referentie-note'>2-6<\/span><\/h3>\n<p>&ndash; Il est frappant que dans cette m&eacute;ta-analyse&#x002C; de bons r&eacute;sultats en termes d&rsquo;efficacit&eacute; et d&rsquo;acceptabilit&eacute; sont trouv&eacute;s pour l&rsquo;agom&eacute;latine&#x002C; alors que plusieurs sources (ind&eacute;pendantes) affirment que le rapport b&eacute;n&eacute;fice\/risque de l&rsquo;agom&eacute;latine est n&eacute;gatif [voir <a href='http:\/\/www.cbip.be\/fr\/articles\/2534?folia=2328'>Folia de janvier 2016<\/a> et Minerva<span class='folia-referentie-note'>5&#x002C;6<\/span>.<br \/> &ndash; La m&eacute;ta-analyse en r&eacute;seau r&eacute;v&egrave;le une fois encore que les &eacute;tudes cliniques disponibles concernant les antid&eacute;presseurs chez l&rsquo;adulte atteint de d&eacute;pression majeure posent des probl&egrave;mes. D&rsquo;une part&#x002C; la qualit&eacute; des &eacute;tudes est tout au plus moyenne. D&rsquo;autre part&#x002C; la conception des &eacute;tudes limite la possibilit&eacute; d&rsquo;en extrapoler les r&eacute;sultats: il s&rsquo;agit de populations incluant surtout &nbsp;des patients atteints d&rsquo;une forme s&eacute;v&egrave;re de d&eacute;pression majeure&#x002C; la dur&eacute;e des &eacute;tudes est courte (bien plus courte que la dur&eacute;e de traitement de &ldquo;plusieurs mois&rdquo; qui est recommand&eacute;e)&#x002C; et le crit&egrave;re d&rsquo;&eacute;valuation est un score symptomatique sur une &eacute;chelle de la d&eacute;pression et non pas&#x002C; par exemple&#x002C; le fonctionnement social ou professionnel &agrave; plus long terme.<br \/> &ndash; Le probl&egrave;me du biais de publication avec les antid&eacute;presseurs est bien connu&#x002C; les &eacute;tudes dont le r&eacute;sultat est n&eacute;gatif ou non significatif &eacute;tant moins souvent publi&eacute;es. M&ecirc;me si la m&eacute;ta-analyse incluait &eacute;galement des &eacute;tudes non publi&eacute;es&#x002C; il est probable que l&rsquo;on n&rsquo;ait pas retrouv&eacute; toutes les &eacute;tudes non publi&eacute;es.<br \/> &ndash; Un &eacute;ditorial dans le BMJ<span class='folia-referentie-note'>7&nbsp;<\/span>signale que les conclusions de cette m&eacute;ta-analyse ne justifient pas l&rsquo;incitation &quot;plus de personnes doivent recevoir des antid&eacute;presseurs&quot;&nbsp;dans &nbsp;certains m&eacute;dias au Royaume-Uni. Les &eacute;tudes incluses dans la m&eacute;ta-analyse ne se sont pas pench&eacute;es sur la question de savoir qui doit pr&eacute;cis&eacute;ment b&eacute;n&eacute;ficier d&rsquo;un traitement m&eacute;dicamenteux&nbsp;: des directives telles que celles de Domus Medica s&rsquo;efforcent de r&eacute;pondre &agrave; cette question. L&rsquo;&eacute;ditorial dans le BMJ attire l&rsquo;attention sur l&rsquo;importance (bien connue) de l&rsquo;effet placebo en cas de d&eacute;pression: lors d&rsquo;un traitement par un antid&eacute;presseur&#x002C; la plupart des patients se sentent mieux gr&acirc;ce &agrave; la r&eacute;mission spontan&eacute;e et &agrave; l&rsquo;effet placebo et non pas en raison du traitement m&eacute;dicamenteux.<br \/> &ndash; Les analyses de ce type ne permettent pas de se prononcer sur l&rsquo;effet pour un patient d&eacute;termin&eacute;. Il est difficile d&rsquo;&eacute;valuer l&rsquo;impact clinique dans la pratique des diff&eacute;rences observ&eacute;es dans ces analyses entre les antid&eacute;presseurs. Dans la pratique quotidienne&#x002C; le choix de l&rsquo;antid&eacute;presseur d&eacute;pendra notamment aussi des facteurs propres au patient (comorbidit&eacute;s&#x002C; ant&eacute;c&eacute;dents)&#x002C; de l&rsquo;exp&eacute;rience du m&eacute;decin avec le m&eacute;dicament&#x002C; des effets ind&eacute;sirables&#x002C; des interactions et du co&ucirc;t de l&rsquo;antid&eacute;presseur&#x002C; mais aussi du risque en cas de surdosage. De telles analyses ne permettent pas non plus de se prononcer quant &agrave; la place des antid&eacute;presseurs dans la prise en charge globale du patient d&eacute;pressif&#x002C; dans laquelle les interventions psychosociales jouent &eacute;galement un r&ocirc;le important. On remarquera surtout que les r&eacute;sultats de cette m&eacute;ta-analyse en r&eacute;seau ne peuvent pas &ecirc;tre extrapol&eacute;s aux adultes pr&eacute;sentant des formes moins s&eacute;v&egrave;res de d&eacute;pression&#x002C; chez lesquels le r&ocirc;le des antid&eacute;presseurs est remis en question.<\/p>\n<h2><b>Conclusion<\/b><\/h2>\n<p>La directive comment&eacute;e ici conseille de ne pas prescrire syst&eacute;matiquement des antid&eacute;presseurs en cas de &ldquo;d&eacute;pression l&eacute;g&egrave;re (&agrave; mod&eacute;r&eacute;e)&rdquo;&nbsp;; ils sont en revanche indiqu&eacute;s en cas de &quot;d&eacute;pression mod&eacute;r&eacute;e &agrave; s&eacute;v&egrave;re&quot;&#x002C; auxquels cas on choisira de pr&eacute;f&eacute;rence&#x002C; en premi&egrave;re ligne&#x002C; un ISRS ou un ATC. Dans la d&eacute;pression mod&eacute;r&eacute;e &agrave; s&eacute;v&egrave;re&#x002C; une place importante doit certainement &ecirc;tre accord&eacute;e au soutien psychologique. D&egrave;s l&rsquo;instauration du traitement&#x002C; il convient d&rsquo;&ecirc;tre attentif aux probl&egrave;mes pouvant appara&icirc;tre &agrave; l&rsquo;arr&ecirc;t du traitement. La m&eacute;ta-analyse ne contredit pas la recommandation d&rsquo;instaurer syst&eacute;matiquement un antid&eacute;presseur en cas de formes s&eacute;v&egrave;res de d&eacute;pression&#x002C; mais elle confirme surtout que dans les &eacute;tudes randomis&eacute;es sur la d&eacute;pression majeure s&eacute;v&egrave;re&#x002C; les antid&eacute;presseurs s&rsquo;av&egrave;rent sup&eacute;rieurs au placebo.<\/p>\n<p><b>Note. <\/b>La directive et la m&eacute;ta-analyse en r&eacute;seau ne portent pas sur l&rsquo;usage des antid&eacute;presseurs chez les enfants et les adolescents atteints de d&eacute;pression. Pour aucun antid&eacute;presseur&#x002C; l&rsquo;efficacit&eacute; chez l&rsquo;enfant et l&rsquo;adolescent n&rsquo;est suffisamment prouv&eacute;e&#x002C; sauf peut-&ecirc;tre pour la fluox&eacute;tine. Par ailleurs&#x002C; un risque accru d&rsquo;id&eacute;es suicidaires et d&rsquo;automutilation a &eacute;t&eacute; constat&eacute; chez les jeunes&#x002C; surtout en d&eacute;but de traitement antid&eacute;presseur [<a href='http:\/\/www.cbip.be\/fr\/articles\/query?number=F42F11B' target='_blank'>voir Folia de novembre 2015<\/a>].<br \/> &nbsp;<\/p>\n<h2><b>Sources sp&eacute;cifiques<\/b><\/h2>\n<p> <span class='folia-referentie-tekst'><span class='folia-referentie-nummer'>1<\/span> Declercq T&#x002C; Habraken H&#x002C; van den Ameele H&#x002C; Callens J&#x002C; De Lepeleire J en Cloetens H. Depressie bij volwassenen. Richtlijn van Domus Medica&#x002C; via <a href='https:\/\/www.domusmedica.be\/documentatie\/richtlijnen\/overzicht\/depressie.html'>https:\/\/www.domusmedica.be\/documentatie\/richtlijnen\/overzicht\/depressie.html<\/a>.<br \/> <span class='folia-referentie-nummer'>2<\/span>&nbsp;De aanbeveling is ondersteund door SSMG&#x002C; en beschikbaar in het Frans (&ldquo;La d&eacute;pression chez l&rsquo;adulte) via <a href='http:\/\/www.ssmg.be\/publications\/recommandations-de-bonne-pratique'>http:\/\/www.ssmg.be\/publications\/recommandations-de-bonne-pratique<\/a><br \/> <span class='folia-referentie-nummer'>3<\/span> Cipriani A&#x002C; Furukawa TA&#x002C; Salanti G&#x002C; Chaimani A&#x002C; Atkinson LZ et al. Comparative efficacy and acceptability of 21 antidepressant drugs for the acute treatment of adults with major depressive disorder: a systematic review and network meta-analysis. The Lancet 2018;391:1357-66 (online 21 f&eacute;vrier 2018) (doi: 10.1016\/S0140-6736(17)32802-7)<\/span><br \/> <span class='folia-referentie-tekst'><font color='#52a800'><b>4<\/b><\/font> Parikh SV en Kennedy SH. More data&#x002C; more answers: picking the optimal antidepressant. The Lancet 2018;391:1333-4 (online 21 februari 2018) (doi: 10.1016\/S0140-6736(18)30421-5)<br \/> <font color='#52a800'><b>5<\/b><\/font> Habraken H. Agomelatine&#8230; (editoriaal) <a href='https:\/\/www.minerva-ebp.be\/NL\/Article\/138'>Minerva 2012;11:105<\/a><br \/> <font color='#52a800'><b>6&nbsp;<\/b><\/font>Habraken H. Wat is het antidepressieve effect van agomelatine? (bref commentaire) <a href='https:\/\/www.minerva-ebp.be\/NL\/Analysis\/10208'>Minerva 15\/12\/2014<\/a><br \/> <font color='#52a800'><b>7<\/b><\/font> McCormack J en Korownyk. Effectiveness of antidepressants. Editorials. BMJ 2018;360:k1073 (doi:10.1136\/bmj.k1073)<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le pr&eacute;sent article des Folia est consacr&eacute; &agrave; la prise  [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[12,63],"tags":[20213,20224],"class_list":["post-175647","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualites","category-2018-fr","tag-import_tags","tag-import_tags-nl"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.bcfi-cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/175647","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.bcfi-cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.bcfi-cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.bcfi-cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.bcfi-cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=175647"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.bcfi-cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/175647\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":180291,"href":"https:\/\/www.bcfi-cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/175647\/revisions\/180291"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.bcfi-cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=175647"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.bcfi-cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=175647"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.bcfi-cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=175647"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}